Envolées au vent d’automne, les belles résolutions…

Août 2017. Après 2 mois de vacances totalement vacantes, nous prenons le chemin de la librairie pour choisir les manuels de l’année suivante avant le rush de la rentrée.

Mini1 nous annonce alors, comme prise d’une envie soudaine : « C’est décidé, je fais deux années en une et je passe mon CE1D en juin. »

Mwahahaha. Morte de rire. Vu sa motivation globale à faire ses devoirs les années précédentes, je n’y crois pas un instant. Enfin bon, pourquoi pas. Le CEB aurait-il eu un effet de rire rite initiatique qui lui aurait fait prendre d’un coup plusieurs dan de maturité ?

Du coup, extérieurement, j’ai juste dit : « D’accord. As-tu besoin d’aide pour t’organiser ? »

Bon. Alors… Comment dire… Au bout de deux semaines, j’ai définitivement passé le relais à son père. Corrections, organisation, tout ça tout ça. Il a décidé que pour ma santé mentale de perfectionniste hyper-organisée, il valait mieux que ça se passe entre eux ; après tout, entre bordéliques éparpillés, ils se comprennent.

Bon. Alors… Comment dire… Depuis deux semaines, c’est lui qui a lâché l’affaire.

Nous en sommes (enfin) arrivés à la (saine) conclusion qu’il appartenait à notre charmante fille de presque 13 ans d’assumer elle-même, jusqu’au bout, les conséquences de ses choix. Nous avons assuré le minimum vital : le CEB. Pour la suite, à elle de voir.

« Quelle belle confiance ! », m’a-t-on fait remarquer récemment.

En fait, non, pas du tout. Intérieurement, je flippe, je stresse, j’enrage, je bouillonne, je trépigne. Moi, la bonne élève, drillée au résultat, éduquée, que dis-je, dressée, à l’idée que sans réussite scolaire, pas de réussite sociale, et que sans réussite sociale, pas de vie, pas d’avenir… Mon enfant, mon premier bébé, ma toute petite déjà si grande, de quoi sera fait son avenir ? Comment s’en sortira-t-elle demain si déjà aujourd’hui elle ne se botte pas les fesses pour le minimum scolaire de base ?

Mais il ne s’agit plus de ma vie. Il s’agit de la sienne. A elle de trouver sa propre limite, de faire ses propres choix. Nous l’accompagnerons dans ses réussites comme dans ses échecs, et si elle se plante parce qu’elle a glandé… Nous l’inscrirons sans broncher dans un établissement scolaire (parce que se re-taper les trajets jusqu’à Bruxelles pour une deuxième tentative, non merci). Nous serons contents et soulagés de l’avoir vue poser un choix et le suivre jusqu’au bout. Et puis, il faut être honnête, quelle énergie perdue de vouloir la forcer à travailler !

Alors, oui, je suis morte de trouille pour son avenir. Et d’un autre côté, quelle liberté nous apporte ce lâcher-prise !

Son père me susurre qu’en bâclant complètement son dernier devoir de maths, elle a obtenu 76% (oui, il a voulu s’amuser à compter les points). Voilà voilà voilà. Je vais reprendre un peu de tisane à la camomille, merci.

 

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