L’IEF au cinéma : Captain Fantastic

Avez-vous déjà entendu parler de Captain Fantastic ? Mais si, ce film qui a raflé un prix de mise en scène au Festival de Cannes, le Golden Space Needle du Festival International du Film de Seattle, le Prix du Jury et le Prix du Public au Festival du Cinéma américain de Deauville. L’excellent Viggo Mortensen, l’un des acteurs principaux, y a également raflé le prix de Meilleur acteur aux Golden Globes, aux Bafta Awards, aux Screen Actors Guild Awards et aux Oscars. Rien que ça.

Ça, c’était pour le pedigree. Mais il raconte quoi, ce film ?

Il était une fois un homme et sa femme, d’inspiration bouddhiste (elle) et « Noam Chomskiste » (lui), bref, des humanistes à la vision large, qui décident de vivre totalement en accord avec leurs valeurs. Pour ce faire, ils achètent un bout de terrain dans une forêt du Nord-Ouest Pacifique, et vivent en quasi autarcie avec leurs 6 enfants, dont ils assument tous les apprentissages, physiques comme intellectuels. Ils vivent en parfaite harmonie avec la nature, dont ils tirent leur subsistance. Le film débute par une scène de chasse initiatique tout à fait tribale.

Un drame profond va secouer cette cellule familiale et tous vont devoir traverser une partie du pays. Les enfants découvrent alors un environnement qui leur est totalement étranger et incongru : notre société de consommation. Une adaptation et des réajustements seront alors nécessaires…

Credit: Wilson Webb / Bleecker Street

Evidemment, l’exemple de cette famille est assez extrême ; j’ai été agacée par cette mise en scène du surhomme, où le père est capable aussi bien de dépecer un cerf, de sculpter et tailler le bois, de jouer de la musique, d’escalader une falaise abrupte, que de débattre physique quantique et concepts nietzschéens avec ses enfants. Notons que ces derniers sont dotés d’un bagage intellectuel et de compétences hors normes : en ce sens, l’instruction en famille menée par cet homme et sa femme met bien en peine ses détracteurs d’y trouver des failles.

En revanche, j’ai adoré leur confrontation à la société américaine, qui donne l’occasion au scénariste d’en donner une vision particulièrement acide et cocasse. Les réflexions sur la boisson caféinée à bulles et la nourriture sous cellophane (« allons chercher de la vraie nourriture ») donnent lieu à des scènes particulièrement savoureuses. C’est un véritable choc des cultures, jusque dans le rapport de notre société au traitement du deuil et des défunts.

Cependant, ce choc sera aussi l’occasion pour le père de famille de remettre en question son propre modèle, ses propres choix. Le parcours ne sera pas initiatique que pour les enfants… Les choix qui seront finalement posés vont dans le sens de la nuance, et la chute, magnifique, laisse la part belle à l’instruction en famille.

Un film que je recommande plutôt aux parents, pour une bonne tranche de rire et d’émotions, pour se donner du cœur à l’ouvrage dans nos projets respectifs d’ief, mais aussi pour cheminer et peut-être nuancer notre vision. Rafraîchissant, réjouissant et inspirant !

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